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Plateformes

PDP ou PPF : qui fait quoi dans la facturation électronique ?

PDP, PPF… deux sigles qu'on confond souvent. Pourtant, depuis le recentrage du portail public, leurs rôles n'ont plus rien à voir — et un seul des deux vous demande une décision.

Mis à jour le 6 juillet 2026 · Sources officielles

Le modèle en Y, en une phrase

Le mot fait peur, l'idée est simple.

Votre facture ne va plus directement à votre client : elle passe par des plateformes agréées, pendant que ses données remontent, en parallèle, vers l'administration. Dessinez le trajet — deux branches qui montent, vous et votre client ; un pied qui descend, vers l'État. Un Y.

Ce détour n'est pas une lubie administrative. C'est ce qui permet de suivre la TVA au plus près des transactions, et de couper court à la fraude. Au passage, il enterre le PDF envoyé par e-mail entre deux professionnels français : tout transite désormais par cette tuyauterie.

Reste une question : qui tient quel tuyau ? Deux sigles reviennent sans cesse, la PDP et le PPF. On les confond — ils se ressemblent à l'oral. Mais depuis le recentrage du portail public, leurs rôles n'ont plus rien de commun.

La PDP : votre plateforme, celle qui travaille

La PDP, c'est le bras armé du dispositif.

Plateforme de dématérialisation partenaire : c'est elle qui émet les factures que vous envoyez, reçoit celles de vos fournisseurs, les convertit au bon format et transmet à l'administration les données requises. Tout ce que la réforme exige concrètement, c'est elle qui l'exécute — à votre place.

Son agrément n'est pas un détail. Immatriculée et contrôlée par l'État, une PDP est tenue de gérer les trois formats du socle — Factur-X, UBL, CII — et de les convertir entre eux. Vous émettez en UBL, votre client attend du Factur-X ? La conversion se fait entre plateformes, sans que ni l'un ni l'autre n'ait à s'en soucier. Personne ne peut donc vous imposer son format.

C'est aussi le seul maillon que vous choisissez vraiment. Plus d'une centaine de PDP sont immatriculées, et la liste officielle est publiée sur impots.gouv.fr. Le choix se joue sur l'usage, l'intégration à vos outils, le service — jamais sur la conformité, puisque toutes y sont, par définition, agréées.

Le PPF : l'annuaire et le concentrateur

Le PPF, lui, ne fait plus que deux choses.

Le portail public de facturation a été recentré : il tient l'annuaire central qui aiguille chaque facture vers la bonne plateforme, et il concentre les données vers l'administration. Ce qu'il ne fait plus : l'échange gratuit de factures, un temps promis, puis abandonné.

Son rôle d'annuaire est le plus utile au quotidien, même s'il reste invisible. Quand votre facture part, encore faut-il savoir sur quelle PDP votre client est joignable : c'est le PPF qui le sait, à partir de son SIREN ou de son SIRET. Sans lui, les plateformes ne sauraient pas où s'envoyer les factures.

La conséquence tient en un mot : le PPF ne se choisit pas. C'est l'infrastructure publique, en arrière-plan, pour tout le monde. Aucun compte à ouvrir, aucune décision à prendre.

PDP et PPF : deux rôles à ne pas confondre

L'un échange vos factures, l'autre les référence et concentre les données.

CritèrePDP (plateforme agréée)PPF (portail public)
Émettre / recevoir vos facturesOuiNon (recentré)
Convertir les formatsOui — les 3 du socleNon
Annuaire des destinatairesS'y connecteOui — le tient
Transmettre les données à la DGFiPOuiConcentre les données
Vous devez la choisirOuiNon

OD, PDP, PPF : le troisième sigle qui brouille les cartes

Un troisième sigle s'invite et sème le doute : l'OD.

Opérateur de dématérialisation. À la différence d'une PDP, il n'est pas agréé — il ne peut donc pas transmettre directement vos factures et leurs données à l'administration. Beaucoup de logiciels de facturation actuels relèvent de cette catégorie.

Ça ne les met pas hors-jeu, au contraire. Pour être conforme, un OD se raccorde à une PDP, qui prend le relais sur la partie réglementée. Il reste votre interface de tous les jours ; il y a simplement toujours une plateforme agréée derrière lui. D'où la vraie question à poser à votre éditeur : « à quelle PDP êtes-vous raccordé — ou en devenez-vous une ? »

La hiérarchie suffit à s'y retrouver : le PPF oriente en coulisse, la PDP fait circuler, l'OD s'appuie sur une PDP. Un seul de ces trois maillons vous demande une décision.

Ce que ça change pour vous : choisir une PDP

Tout ce brouillard se résout en une action : choisir une PDP. C'est la seule décision qui compte — le PPF ne se choisit pas, l'OD s'appuie sur une PDP.

Cette plateforme doit d'abord vous permettre de recevoir, dès le 1ᵉʳ septembre 2026 : à cette date, la réception s'impose à toutes les entreprises, sans exception de taille. L'émission, elle, s'échelonne — grandes entreprises et ETI en 2026, PME, TPE et micro-entreprises au 1ᵉʳ septembre 2027. Une même PDP peut faire les deux, sans que vous y soyez tenu.

Le premier réflexe est le plus simple : demandez à votre éditeur. Beaucoup intègrent déjà une PDP ou s'y connectent — vous n'aurez peut-être rien à migrer. Sinon, la liste officielle, sur impots.gouv.fr, vous donne tous les acteurs agréés.

FAQ

Questions fréquentes

Le PPF ne permet-il plus d'échanger des factures gratuitement ?
Non. Le portail public a été recentré : il ne propose plus d'offre gratuite d'échange de factures. Il assure l'annuaire central et la concentration des données vers l'administration. Pour émettre et recevoir, il faut passer par une PDP.
Dois-je choisir une PDP pour émettre ET pour recevoir ?
Vous devez pouvoir recevoir dès le 1ᵉʳ septembre 2026, et émettre selon votre calendrier. Une même PDP peut assurer les deux ; votre plateforme d'émission et celle de réception peuvent aussi être différentes.
Où trouver la liste des PDP ?
La liste des plateformes de dématérialisation partenaires immatriculées est publiée et mise à jour sur impots.gouv.fr. Plus d'une centaine sont déjà référencées.